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C’est le titre de l’expo que nous sommes allés voir à Cannes à la Malmaison. Bien évidemment, j’ai reconnu plusieurs artistes de « l’Ecole de Nice » ce courant artistique qui a regroupé de nombreux artistes devenus internationaux. Arman, Martial Raysse, Chubac, Louis Cane, Niki de Saint Phalle, Marcel Alocco, Yves Klein, Sosno, Ben, Patrick Moya. Mais à coté de ses géants du « Nouveau Réalisme », on y trouve aussi Raoul Dufy, Monet, Renoir, Cézanne, Combas et Pierre Bonnard.
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Alors, avant de commencer l’historique de cette exposition, je dois bien vous avouez que même si j’aime l’art et j’apprécie tous ces artistes classiques ou contemporains, je suis nul en art ! je m’intéresse aux histoires que racontent les œuvres et j’ai appris à les apprécier pour autre chose que leur esthétique.
Axel Pahlavi "Florence descendant la riviere" Huile sur toile
Pour autant, n’allant que rarement au musée, mes connaissances en la matière sont proches de zéro. A une certaine époque, je pensais que les gens qui s’intéressaient à l’art contemporain, n’était autre que par pur snobisme. Depuis, j’ai un peu révisé ma façon de voir les choses. Peut être grâce au confinement ? Pour une fois que l’escroquerie « Covid » sert à quelque chose !
Robert Combas (On peut toujours rêver d'un paradis) acrylique sur toile
Bon, avec Soso, nous sommes descendus à Cannes. Oui, je dis bien « descendre » puisque nous habitons à Grasse et que l’on descend à la mer. La mer, c’est altitude Zéro et/ou je demeure à Grasse, c’est altitude 130. Non non ce n’est pas de la dérision, c’est de l’art ! C’est Ben Vautier qui posait la question: est ce que « tout est art ? ». Et avec le contemporain, on est en droit de se poser la question.
Marion Bataillard (Etude pour un âge d'or) Tempera sur bois
Katia Bourdarel (le champ du Milan) Huile sur toile
On poursuit notre balade jusqu’à la Malmaison, villa Belle Epoque classée de 1901. La Malmaison trône, avec sa façade blanche, ses balcons à colonnes et son porche, comme un beau souvenir dans cette portion stratégique du boulevard de la Croisette dont le premier tracé date de 1864, le long de la grève.
C’est désormais un centre d’art qui se veut international, à mi-chemin entre le Carlton et le Palais des festivals, un petit havre de paix au milieu d’une succession de vitrines où le luxe est étourdissant. En 1902, la villa propriété de Jeanne Marguerite Dubosc, accueille les activités d’un nouveau cercle, le « Cercle de l’Union Club » ou « Cercle des Golfeurs », créé à l'initiative de S. A. I. le Grand-Duc Michel de Russie.
Nazanin Pouyandeh " Delphine" Huile sur toile
Abel Tournissoux "Je me réveille avec le printemps" Huile sur toile
La villa prendra le nom de villa Dubosc jusque dans les années 30 où elle est rebaptisée Malmaison. En 1935, la villa devient la propriété de Sir John Edward Crawford. Le 20 septembre 1946, les jardins et les salons du Grand Hôtel et de la Malmaison servent de décor à l’ouverture du premier festival du film.
À partir de 1970, la villa accueille les expositions artistiques de la municipalité sous le nom de Centre d’Art La Malmaison. Elle abrite l’équipe de la Quinzaine des réalisateurs tous les ans au mois de mai. Entre mythe et quête d’évasion, l’exposition nous plonge dans l’attrait intemporel de la Riviera, terre de lumière et d’intensité, qui a inspiré des générations d’artistes modernes et contemporains.
Max Leenhardt (Etudiants jetant la vie centenaire) Huile sur toile
De Monet à Picasso, en passant par Matisse et Bonnard, chaque artiste témoigne de cette fascination pour cette terre méditerranéenne ou nature et art s’entrelacent en une poétique vision du monde. L’exposition « Luxe, calme et volupté », hommage baudelairien, met à l’honneur près de 130 œuvres inspirées par les paysages méditerranéens, réalisées par une cinquantaine d’artistes d’époques et de styles très divers.
Soso n'est pas trés musée, mais cette fois ci apprécie la beauté du lieu
Mais, tous ont été fascinés par cette lumière du Sud. Les maîtres Cézanne, Monet, Picasso ou Charles Camoin. Ou plus tard, Vincent Bioules qui nous plonge dans la chaleur des tonalités avec Le Mois d’août, ouvrant une fenêtre sur la végétation luxuriante.
Vincent Bioules "Le Bon Dimanche" Huile sur toile
Suivent ensuite Combas, et toute une nouvelle jeune génération représentée notamment par Ronan Barrot, Katia Bourdarel ou encore la talentueuse Christine Safa, qui utilise des pigments pour son superbe Nathan (Venise), inspiré des fresques pompéiennes. Entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, le voyage sur la Cote d’Azur s’est imposé comme un rituel fondateur, une étape essentielle dans le parcours des peintres.
Louis Cane (Adam et Eve) huile sur toile
De Cézanne à Monet, de Renoir à Bonnard, de Matisse à Picasso, tout un pan de l’art moderne s’est écrit à l’aune de la Riviera. De San Remo à Cannes, la lumière et la beauté des terres sont source de renouvellement plastique. Grâce à une pratique sur le motif qui libère la touche et la couleur, les peintres modernes réinventent le paysage et expriment une singulière présence sensuelle au monde.
Soso découvre des peintres qu'elle ne connaissait pas... surtout la génération du Nouveau Réalisme, Fluxus et Supports/Surfaces de l’Ecole de Nice
Dés le XXe siècle, la Riviera est le creuset d’un nouvel art de vivre. Sous le soleil hivernal, les barrières sociales et culturelles tombent et tissent la trame de la société moderne. Plus qu’ailleurs les femmes jouent sur la Cote d’Azur un rôle de pionnieres, une place spécifique, un chemin d’émancipation mieux tracé qu’ailleurs. Egéries, comédiennes, peintres, réalisatrices, sculptrices, modèles, plasticiennes à l’exemple de Niki de Saint Phalle, elles marquent durablement leur époque de ce symbole azuréen, synthèse de cultures et de beauté. L’exemple est aujourd'hui donné par la peintre iranienne Nazanin Pouyandeh au style de l’under-realism ou les figures féminines y occupent une place de premier plan.
Laurent Proux "The Yellow Towel" huile sur toile
Entre sensation du réel et vision idéale de la peinture, cette liberté de peindre hors des sentiers battus de l’académisme résonne avec une liberté du corps, en plénitude et en harmonie avec la nature.
Nazanin Pouyandeh "Le Repos" huile sur toile
Ainsi, pour les peintres modernes, le voyage dans le midi répond à une impulsion créatrice mais aussi à une quête hédoniste, la recherche d’un ailleurs : celui de l’Age d’or, grand thème mythique classique qu’ils réinventent à l’aune du présent et d’une nouvelle énergie picturale.
Nazanin Pouyandeh " La Ronde" huile sur toile (cliquez pour agrandir)
Qu’en est-il aujourd’hui ? A l’heure, du consumérisme et du capitalisme fou, à l’heure des terroristes de MeToo#, de l’Anthropocène, de l’islamisme, des innombrables conflits ? A l’heure du virtuel, des flux illimités ?
Karine Rougier "Images Flottantes" huile sur toile
Que reste-t-il de ce goût sensuel du réel, de cet érotisme de la peinture ? De la lumière, de la couleur, de la beauté ? Que reste-t-il du temps suspendu de l’oisiveté, de la contemplation ?
Daniel Clarke, pastel et huile sur papier
Robert Combas "Le marin solitaire" huile sur toile
Qu’en est-il de ces enjeux posés par la modernité dans la peinture actuelle ? Bien sûr de nombreux peintres contemporains ont éprouvé cet appel du Sud ou se sont inscrits dans une filiation avec ces figures historiques. Réunies sur les cimaises, intemporelles, les oeuvres d’hier et d’aujourd’hui dialoguent. Des thèmes reviennent. L’âge d’or, le paysage, l’intérieur.
Elles nous donnent à sentir des visions singulières de la beauté méditerranéenne, de ses mythes, de sa nature, de ses villas ouvertes sur la mer ou tournées vers les terres. Entre réel et fantasme, entre jouissance et inquiétude, les oeuvres se répondent, par échos, par affinités plastiques mais aussi par contre point, revers et décalage, entre permanence et érosion.
Adrien Belgrand "Here, there, somewhere" acrylique sur toile
De Menton à Cannes, la Riviera avec sa lumière, sa douceur de vivre, ses mythes, devient le cadre propice aux renouvellements de ces représentations acadiennes. D’Auguste Renoir à Paul Signac tous transcendent leur expérience de la Cote d’Azur en une réinvention du mythe de l’Age d’or, transposée au présent.
Martial Raysse "Audrey Fly Away" acrylique sur toile
Martial Raysse "La reine du monde" huile sur toile
Observés sur le motif, en bord de mer, dans les jardins luxuriants ou sur des monts verdoyants, des modèles réels deviennent figures de peinture transfigurées en scènes bucolique. Souvent nues, intemporelles. Parfois habillées, gardant une référence au monde contemporain. Baigneurs et baigneuses, nymphes, Venus ou Eve, bergers au repos ou étudiants trinquant.
Philippe Pradalie "La Noce" huile sur toile
Spectacle d’une humanité plongée dans l’allégresse et l’harmonie. Sensation de plénitude que dit la jouissance de la peinture, le plaisir de la touche et de la couleur libérées de la mimésis classique. Antibes, Cagnes sur mer, Menton, Nice, Cannes, Saint Jean Cap Ferrat, Grasse: c’est la lueur de la Riviera que s’est écrit tout un pan de l’art moderne.
Fernand Leger, Monet, Bonnard, Camoin, Dufy, Chabaud, Foujita, Desnoyer, Soutine, Picasso, Staël, Matisse, leurs expérimentations incarnent diverses facette de la beauté de ces Alpes Maritimes. Solaire, tournée vers l’observation de la mer et des effets lumineux. Irradiante, légère, festive, douce, englobante.
Mathieu Cherkit "La vie sauvage" huile sur toile
Mais aussi parfois plus austère, tournée vers ses terres. Orageuse, aride, inquiétante, mystérieuse. Qu’ils peignent sur le motif ou de mémoire à l’atelier, tous éprouvent la joie sensuelle de la contemplation, inspirés par la lumière et les couleurs de ce département Français unique au monde.
Sur le rooftop de la Malmaison
Tous traquent la sensation et se libèrent de la mimésis. Ils explorent une représentation qui ne reproduit pas les apparences, au sens d’une image photographique, mais cherche à traduire une présence vivante. Ce cadre idyllique de la Riviera sert d’écrin à des représentations intimistes et méditatives, grâce aux jeux de lumière sans pareil.
Le Armani Caffé sur la Croisette
Se réveiller chaque matin avec une vue pittoresque sur la Méditerranée, respirer l’air frais des montagnes environnantes, et visiter des musées dédiés aux géants de l’art moderne. Même une promenade ordinaire pourrait devenir une aventure artistique, menant aux traces laissées par Chagall, Peynet, Cocteau, et beaucoup d’autres. Rien de mieux pour ranimer l’esprit et nourrir l’âme.
Une journée d'hiver à Cannes
Bien sur, après la visite de l’expo, on fait un petit tour sur la Croisette ou même en hiver, Cannes reste un spectacle permanent. Car la cité du cinema est une « ville-légende ». Cannes est avant tout une ville imaginaire, fantasmée autant que vécue...
Joueurs d'échec sur la Croisette en hiver
Brigade de la police montée de Cannes sur la Croisette
Le monde entier connaît la cité azuréenne, la fascination et l’excitation suscitées par cette ville, en arpentant ses lieux-clés, en écoutant ceux qui vivent et habitent Cannes sont des moments extraordinaires !