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A Tourrettes, la violette est partout, déclinée par les artisans d'art de la cité médiévale, en gourmandises sucrées, en pétales frais à destination des tables étoilées. Et bien sûr, titillée côté feuilles, envoyée vers l'industrie grassoise pour en tirer la substantifique moelle odorante.
Tourrettes sur Loup est la seule ville de France à produire la violette
Seule ville Française à continuer à produire la violette, Tourrettes-sur-Loup doit sa renommée à sa fleur emblématique devenue principale culture sur son territoire à partir des années 1880. Le développement de l’industrie du parfum à Grasse au XIXe siècle a été une véritable opportunité pour les tourrettans.
Les bouquets de violettes s'arrachent chez les producteurs Tourrettans
La viola odorata est cultivée pour ses propriétés odorantes et gustatives qui servent respectivement en parfumerie et en confiserie. Les tourrettans ont d’abord cultivé la violette de Parme (Après Grasse, Parme est l'autre ville Européenne fondatrice de la parfumerie moderne et sa violette porte son nom) qu’ils ont ensuite revendu à Toulouse*. Puis, la variété Victoria s’est progressivement imposée pour devenir la principale fleur cultivée dans le village.
Violette et Mimosa les fleurs emblématiques de la Cote d'Azur
Ce n’est donc pas la méme violette que l’on retrouve dans mon jardin. Celle ci est sauvage et s’appelle la Viola mirabilis; elle sent bon et est aussi comestible. La violette de Tourrettes pousse d’octobre à mars sur des parcelles en restanques.
Le sirop de violette de chez Florian
Sa culture a toujours été basée sur le travail manuel, exigeant de bonnes aptitudes physiques. Les horticulteurs l’exploitent pour confectionner des bouquets vendus entre Noël et la Saint-Valentin. Elle symbolise d’ailleurs la timidité et les amours secrètes.
Oeillets et Gerberas sont des productions locales
De partout dans le village médiéval des fleurs des producteurs du Pays de Grasse
Elle sert également à la confection de confiseries et de produits dérivés. En cuisine, des chefs ont utilisé la violette pour réaliser des plats et des desserts. Les feuilles sont également récoltées en dehors de la période de floraison pour la parfumerie.
Tourrettes reste le seul territoire en France où la production de violettes est l’activité principale, voire unique des horticulteurs. La violette de Tourrettes a gagné en notoriété au fil des années et continue de faire parler d’elle autour du monde. Chaque année depuis 1952 se tient une fête en son honneur.
La violette est partout, mais aussi des gerberas et du mimosa... Mufliers, Gueule de loup
Face à une concurrence mondialisée, la production tourrettane de violettes a dû évoluer pour pouvoir perdurer. Les producteurs ont donc fait le choix de privilégier la qualité de leur produit. Les violettes sont cultivées de manière biologique et raisonnée dans un souci de préservation de l’environnement, mais aussi pour proposer un produit d’excellence.
La sculpture d’Elena Di Giovanni « Communion » artiste de Tourrettes sur Loup
Les champs de violettes sont des endroits favorables à la biodiversité. Nous sommes dans le Pays de Grasse, donc la qualité est unique et exceptionnelle. Les pratiques aussi évoluent et font place aux innovations. De nouvelles techniques de culture hors-sol ont notamment fait leur apparition.
Bonbons à la violette, pétales de violettes cristallisées, biscuits et meringues à la violette
La cueillette se fait quotidiennement pendant l’hiver et les producteurs font souvent appel à des travailleurs saisonniers pour récolter les violettes à la main. Ce travail nécessite une certaine expérience pour pouvoir sélectionner les bonnes fleurs rapidement et sans les abîmer.
« Venus et Mars » « Love & Life » de l'artiste suédoise Lena Dettervik
Les bouquets sont confectionnés en fin de journée. Chaque bouquet est composé de 25 fleurs environ, entouré d’une corole de feuilles et minutieusement ficelé. La production de 100 bouquets à l’heure représente une belle cadence de travail. Les fleurs peuvent aussi servir en confiserie.
Chaque année, des dizaines et des dizaines de car venant de Belgique, d'Italie, d'Espagne, du Luxembourg, de Suisse, d'Allemagne etc.... viennent à Tourrettes pour la fête des violettes organisés par les Tours Operator. Seule fete officielle de la violette en France.
La bataille des fleurs va commencer ..
L’exploitation familiale Coche a notamment développé un procédé de cristallisation de la violette en l’enrobant de sucre et en faisant sécher la fleur dans une étuve. La violette est nettoyée et travaillée directement après la récolte. La confiserie Florian (+ de 100 ans) à Pont du Loup et à Nice possède un procédé de fabrication différent pour un résultat similaire.
Entre début mai et fin juillet, les feuilles sont fauchées et livrées le jour même à Grasse. Elles y sont transformées pour entrer dans la composition de grands parfums. Chaque année, la fête des violettes a lieu lors du premier week-end de mars et annonce la fin de la saison pour les producteurs.
En haut: un vrai écologiste qui ne marche pas à l'électrique ....
En bas: Violette, mais aussi Gerbera, une fleur trés cultivé à Nice
Elle a été créée en 1952 par Victor Linton, un artiste et orfèvre d’origine écossaise en résidence à Tourrettes sur Loup. C’est du 28 février 2026 au 1 mars 2026, que la célèbre fête célébra son 74ème anniversaire, malgré un temps morose, il y eu plus de 20 000 personnes qui ont fait le déplacement (surtout des italiens).
Le Corso...
Marché artisanal, visites de la Bastide aux violettes, animations, corso fleuri et bataille de fleurs vous permettent de ne plus avoir aucun secret pour la violette ! Linton, tombé sous le charme du village, souhaitait mettre à l’honneur les producteurs et leur savoir-faire avec une fête. Lors de la première édition, des vélos, des poussettes et des ânes avaient été transformés en montures fleuries que les enfants chevauchaient gaiement.
A Nice le gerbera a pris la place de l'oeillet pour la production
Sur la place de la Libération, les stands de productions locales ont côtoyé les étals des artisans d’art. Avec le temps, la fête des violettes est devenue une véritable institution, attirant autant les maralpins que les touristes des quatre coins du monde. La fête a notamment un franc succès auprès des italiens qui viennent en nombre assister aux festivités.
Il est beau mon bouquet hein !
Les vélos ont laissé place à des chars imposants entièrement recouverts de fleurs entièrement produit sur la cote d'Azur. La région est toujours la plus importante de France en production florale et le Pays de Grasse est déclaré "Fleur d'exception". Chaque édition rassemble des milliers de spectateurs.
La violette de Tourrettes est exporté à Paris, Londres, Moscou, Amsterdam..... tout comme le mimosa et de nombreuses autres productions des Alpes Maritimes et du Var
Enfin, nous sommes dans le Pays de Grasse, le pays aux légendes ancestrales. La légende locale parle d'un horticulteur venu s'installer à Tourrettes avec ses violettes au XIXe siècle, qui va convertir les cultivateurs du cru et faire de la petite fleur qui parfuma Vulcain pour séduire Vénus le symbole de la cité et de l'éternité amoureuse, à destination exclusive de la parfumerie grassoise.
Au total 425 000 fleurs soit 15 000 bouquets vont quitter les serres pour habiller les chars de la fête de la violette à Tourrettes-sur-Loup
Alphonse Karr fit sa part d'ouvrage, en envoyant quelques bouquets azuréens à Paris par le train, tout juste inauguré par Napoléon III, et la violette de Tourrettes, au fil des rails, s'achemine à Paris, en Allemagne, en Russie ou au Royaume-Uni.
LA FÊTE DES VIOLETTES CÉLÈBRE SES 74 ANS EN 2026 !
En 1975, Tourrettes concentrait 95% de la production de violettes des Alpes-Maritimes, avec une soixantaine d'exploitations en activité. Dans les années 20, la production tourrettane fléchée vers les parfumeries grassoises pour sa partie feuilles toisait les 300 à 400 tonnes.
Le char de la coupe du monde ....
La fleur, elle, affichait dans le Guide économique et touristique de la Côté d'Azur millésime 1929 quelque 18.000kg de variété Victoria et 6.000 autres de Parme. Feuilles et fleurs vont passer difficilement le cap de la seconde guerre mondiale, se relever à 250 tonnes à la fin des années 50 à la faveur d'une promotion assurée par Luis Mariano et de la construction du canal de la Gravière qui va faciliter l'indispensable irrigation.
Le char des apiculteurs..
Une histoire que l'on retrouve sur les murs de La Bastide des Violettes, à l'orée de la cité médiévale, un espace muséal agrémenté de serres et d'une boutique réservée aux productions locales.
Ben oui ! j'aime les fleurs ...
*Deux méthodes de cultures à Tourrettes: La culture hors sol, la plante est isolée de la terre, la perlite, le support utilisé est inerte et la fertilisation se fait au goutte à goutte pour couvrir les besoins de la fleur. Cette méthode est employée sous serre soit en bacs tranchés disposés sur le sol, soit en «boudins suspendus». Les avantages de ce type de culture sont : une meilleure productivité et une limitation de l’enherbement. La culture et la cueillette en pleine terre est la traditionnelle.
Mars 26 la culture est sur la fin ....
Tourrettes sur Loup est actuellement la seule ville de France à continuer de produire la violette
*Tout le monde croit que Toulouse est la capitale de la violette. Non, c’est Tourrettes puisque nos fleurs étaient exportées et travaillées dans la ville rose. Une légende prétend que c’est un officier de Napoleon III qui aurait offert un bouquet de violette à une toulousaine. Hors la violette de Parme était deja cultivé à Tourrettes depuis fort longtemps grâce à son commerce avec Parme qui elle même, la faisait venir du Caire grâce à sa colonie italienne. Rendons à Cesar ce qui appartient à Cesar.
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Rendons à Cesar ce qui appartient à Cesar. Un jour viendra ou certains mythes français devront tomber et rendre la vérité à l'histoire....
DIAPORAMA FETE DE LA VIOLETTE
INDUSTRIE DE LA FLEUR DANS LE VAR & LES ALPES MARITIMES
Les cultures florales sur la Côte d’azur sont anciennes, les premiers témoignages remontent aux XVIIe et XVIIIe siècle qui attestent de la production des jardins niçois et des expéditions de fleurs coupées à Turin et à Paris. Ces sont les familles italiennes qui sont les artisans de cette expansion florale, les Piémontais, les Ligures qui ont acquis de longue date un savoir-faire unique. L’horticulture azuréenne va fournir en fleurs coupées l’Europe jusqu’en Russie dès avant 1914, elle continue son expansion jusque dans les années 1960. C’est à cause de la concurrence hollandaise qui fait entrer l’horticulture azuréenne en déclin à partir des années 80. Aujourd’hui, la concurrence internationale impose de se spécialiser sur des « niches » : anémones, gerberas, renoncules, roses centifolia, Jasmin, violette victoria, oeillet de Nice, mimosa, tubereuse, Iris, Lys de la madone, géranium rosat, narcisse tazeta, jonquille, genet, coronille, muflier, lavande … et des plantes aromatiques et médicinales : thym, sarriette serpolet, marjolaine, buis, hysope, lauriers, romarins… Le pôle grassois représente 20 % du chiffre d’affaires mondial de la filière et 60 % du chiffre d’affaires national. La Cote d’Azur reste la région N°1 en France de la production florale.