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ADDIO SANDRO

ADDIO SANDRO
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Ce matin, le football italien se réveille avec une tristesse particulière. Sandro Mazzola nous a quitté à 83 ans.

Pour beaucoup, son nom évoque l'Inter, le maillot azzurro, les grandes soirées européennes. Pour comprendre ce qu'il représente vraiment, il faut pourtant revenir à un enfant qui grandit avec une absence immense dans sa vie.

Cet enfant s'appelle Alessandro, mais tout le monde l'appelle Sandro. Son père est Valentino Mazzola, capitaine et figure emblématique du Grande Torino.

Lorsque l'avion de l'équipe s'écrase à Superga en 1949, Sandro n'a que six ans. Une tragédie emporte son père et toute une génération du football italien.

Le petit garçon grandit avec ce souvenir, avec un nom devenu légende avant même qu'il ait eu le temps de comprendre ce que cela signifie.

Le football aurait pu rester une histoire de famille racontée avec nostalgie. Il devient son chemin.

À l'Inter, Sandro commence très jeune et porte le maillot nerazzurro de 1960 à 1977.

Sous Helenio Herrera, il devient l'un des visages de la Grande Inter, cette équipe qui conquiert l'Italie et l'Europe avec un football qui marque profondément son époque.

Quatre Scudetti, deux Coupes d'Europe des clubs champions et deux Coupes intercontinentales accompagnent son parcours.

En 17 saisons, il dispute 565 rencontres et inscrit 160 buts.

Avec l'équipe d'Italie, Sandro devient champion d'Europe en 1968. Deux ans plus tard, au Mexique, son nom entre dans la mémoire collective avec celui de Gianni Rivera.

La fameuse "staffetta" les fait alterner pendant la Coupe du Monde.

Leur rivalité sportive devient l'un des grands épisodes du football italien, mais derrière les débats et les choix du sélectionneur, il y a deux joueurs qui cherchent surtout à donner le meilleur d'eux-mêmes. L'Italie atteint la finale et s'incline face au Brésil de Pelé.

Pour beaucoup de fils et de filles d'émigrés, les grands joueurs italiens ne sont pas seulement des noms aperçus dans les journaux ou à la télévision. Ils deviennent des compagnons d'enfance.

On les retrouve dans les conversations familiales, dans les cafés, devant les téléviseurs, dans les souvenirs des dimanches, dans cette Italie que les parents ou les grands-parents ont parfois quittée avec une valise et l'espoir d'une vie meilleure.

Sandro Mazzola porte aussi cette mémoire-là, celle d'un homme qui reçoit un nom lourd à porter et qui réussit à construire sa propre histoire sans effacer celle de son père.

C'est peut-être ce qui rend son parcours si profondément humain. Valentino reste Valentino, le capitaine disparu à Superga.

Sandro devient Sandro, avec son propre talent, ses propres victoires, ses propres blessures et cette fidélité à l'Inter qui ne le quitte jamais.

Même après avoir raccroché les crampons, il reste dans le monde du football et continue de transmettre cette mémoire.

Aujourd'hui, une voix s'éteint, mais les images restent. Un jeune homme en noir et bleu, un maillot azzurro, une course, un dribble, un but, un père dont le destin a bouleversé une famille et un fils qui, des décennies durant, a porté son propre nom jusqu'aux plus hauts sommets du football italien.

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