Nice a commémoré les 10 ans de l’attentat aujourd'hui on commémore le pont Morandi
Amici, combien de fois êtes-vous passé devant un monument en pensant qu'il sera encore là demain, l'an prochain ou dans cinquante ans ? C'est exactement ce que l'on croyait en regardant le pont Morandi, à Gênes.
Nous sommes dans les années 1960. L'Italie connaît une période de croissance spectaculaire. Les voitures envahissent les routes, les échanges commerciaux explosent et les grandes villes cherchent à s'adapter à cette nouvelle époque. À Gênes, un défi majeur se présente. La ville est coincée entre la mer et les collines. Il faut relier des quartiers séparés par une large vallée traversée par des voies ferrées, des habitations et des zones industrielles. Un ingénieur italien, Riccardo Morandi, imagine alors un ouvrage audacieux. Son projet impressionne par sa taille et par ses techniques de construction innovantes. (le plus grand d’Europe à cette époque la)
En 1967, le pont est inauguré. Avec ses immenses pylônes et sa silhouette reconnaissable entre toutes, il devient rapidement l'une des portes d'entrée de la ville. Chaque jour, des milliers d'automobilistes le traversent. Des vacanciers se dirigent vers la mer, des camions transportent des marchandises à travers l'Europe et des habitants l'empruntent simplement pour aller travailler (plus grand port de Méditerranée).
Au fil des décennies, le pont accompagne la vie quotidienne de générations entières. Des cartes postales le montrent dominant la vallée. Les habitants finissent par ne plus vraiment le regarder. Il fait partie du paysage, comme une évidence. Les années passent. Les experts signalent régulièrement la nécessité de travaux importants. Le trafic devient beaucoup plus intense que celui imaginé lors de sa conception. Des opérations de maintenance sont réalisées, mais les inquiétudes persistent.
L'été 2018, comme chaque mois d'août, les routes italiennes sont chargées. Des familles partent en vacances. Des touristes traversent la Ligurie. Des poids lourds circulent sans interruption entre les ports et les grands axes européens.
Le matin du 14 août, le ciel s'assombrit au-dessus de Gênes. La pluie tombe avec force. Des éclairs traversent les nuages. Malgré le mauvais temps, la circulation continue sur le pont Morandi. Des automobilistes roulent sans imaginer que l'histoire du viaduc touche à sa fin.
À 11h36, une partie de l'ouvrage s'effondre brutalement. Plus de 200 mètres de tablier disparaissent dans le vide. Des dizaines de véhicules sont entraînés dans la chute. En quelques secondes, un symbole de l'ingénierie italienne devient le théâtre d'une catastrophe nationale.
Le bilan est terrible : quarante-trois personnes perdent la vie. Des secouristes, des pompiers et des bénévoles affluent immédiatement sur les lieux. On fouille les décombres sans relâche dans l'espoir de retrouver des survivants. L'émotion gagne toute l'Italie.
Les jours suivants, le monde entier découvre les images de ce géant de béton brisé.Très vite, une décision s'impose : Gênes doit se relever.
Les restes du pont sont progressivement démolis et un projet ambitieux voit le jour. L'architecte Renzo Piano, enfant de la ville et figure mondiale de l'architecture, participe à la conception d'un nouvel ouvrage pensé pour l'avenir. Les travaux avancent à un rythme exceptionnel. Jour et nuit, des centaines d'ouvriers travaillent pour redonner à la ville cette liaison essentielle. Le nouveau viaduc se distingue par sa silhouette élégante, ses systèmes de surveillance permanents et ses standards de sécurité parmi les plus avancés d'Europe.
Le 3 août 2020, le nouveau pont Genova San Giorgio est inauguré lors d'une cérémonie solennelle. Le président de la République italienne, Sergio Mattarella, le président du Conseil, Giuseppe Conte, ainsi que les plus hautes autorités de l'État sont présents. L'émotion est immense.
Deux ans plus tôt, le pays pleure ses morts. Ce jour-là, il célèbre aussi sa capacité à reconstruire. Où se dressent les ruines du pont Morandi s'élève désormais un ouvrage ultra-moderne, devenu le symbole de la renaissance de Gênes.
Aujourd'hui encore, lorsque l'on évoque le pont Morandi, on ne pense pas seulement à un ouvrage d'art. On pense à un demi-siècle d'histoire, à des millions de trajets quotidiens, à quarante-trois vies perdues, à cette matinée du 14 août 2018 qui marque à jamais la mémoire collective et à cette renaissance qui redonne un horizon à toute une ville.
Amici, avez-vous déjà traversé l'ancien pont Morandi ou le nouveau Genova San Giorgio, et pensez-vous que ce nouveau viaduc représente l'un des plus beaux symboles de résilience de l'Italie moderne ? L’Italie a construit un pont gigantesque en un an.
Un défi industriel et humain: Plus de 1 000 ouvriers se sont relayés 7 jours sur 7, de jour comme de nuit. Le chantier n'a été stoppé ni par les intempéries ni par la pandémie de Covid-19 en 2020. Les restes de l'ancienne structure en béton ont été dynamités et démantelés au cours de l'année 2019. Renzo Piano a dessiné un pont blanc en acier évoquant la carène d'un navire, rendant hommage à l'histoire maritime de Gênes. Contrairement à la structure d'origine de Riccardo Morandi en béton précontraint, le nouveau viaduc associe une charpente en acier reposant sur 18 pylônes en béton armé. L'ouvrage intègre des capteurs électroniques de surveillance continue et des robots automatisés pour nettoyer les panneaux solaires et inspecter la structure. Un an seulement pour faire ce pont gigantesque ? Oui mais c'est l'Italie ....
Des pompiers et des équipes de secours des Alpes-Maritimes se sont rendus sur place à Gênes pour participer aux recherches après l'effondrement du pont Morandi le 14 août 2018. Des sapeurs-pompiers spécialisés et des équipes cynotechniques (maîtres-chiens) partis de Nice ont pris la route dès les premières heures suivant la catastrophe pour prêter main-forte aux secours italiens. La ville de Nice, par la voix de son maire, a également mis à disposition des équipements matériels et des engins de déblaiement pour aider dans les décombres. Des équipes de pompiers niçois ont travaillé activement sur le site, notamment pendant les nuits de recherche dans le lit du torrent sous le viaduc écroulé. Les deux soeurs ligures ont travaillé main dans la main....