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Il est 20h mais il fait chaud au jardin Frederic Mistral (touristes italiennes)
Depuis le début de la saison estivale, mine de rien, j’ai déjà assisté à un paquet d'événements. D’autant plus que chez nous ces activités culturelles sont presque toutes gratuites. La TV, je connais pas ! De toute manière, il n’y a plus rien d’intéressant, des multi-rediffusions et des series françaises proche de la débilité, sans compter les émissions de télé réalité ou on touche le fond ! Alors la culture dans le département des Alpes Maritimes sauve cette pauvreté télévisuelle.
« Dance in Biot » fête sa quatorzième édition. Une nouvelle fois, Angelo Monaco, tour à tour professeur de danse à l’espace des Arts et de la Culture, chorégraphe, directeur artistique du festival, présentateur de la soirée, a ajouté philosophie à ses nombreuses casquettes en choisissant le thème 2025 : « L’illusion des formes dans la vérité du corps ». Une belle invitation m’a été offerte pour la découverte de ce festival à ne pas manquer dorénavant ces prochaines années !
On commence par les danses classiques de l'Ecole de Biot
Ce festival entend célébrer l'expression corporelle à travers la danse, « art du corps et de la vie ». Depuis les origines, la danse a jeté des ponts entre les hommes et les peuples. Elle détruit des murs en créant des échanges culturels et des liens sociaux.
C'est aussi l'objectif actuel : l'acceptation de la diversité et de l'amour . Comme les années précédentes, le festival se compose de trois parties : une masterclass de jazz moderne le matin; un spectacle de déambulations en milieu d'après-midi et enfin, en soirée, une rencontre avec les chorégraphes suivie du grand spectacle.
Modern'Jazz dans la cité des Verriers
Dans une société où l'on nous demande continuellement une grande maîtrise de soi, il apparaît de plus en plus difficile de profiter pleinement de l'instant présent. Que se passe-t-il lorsque nous acceptons de perdre le contrôle, de lâcher prise ? Quelles répercussions sur le Mental, l'Ego et le Corps ? Comment nos relations avec les autres s'en retrouvent-elles influencées ? . Autant de questions que l'on se pose ...
"Kizuna", le spectacle de Melinda Stampfli
Thibault Desaules et Romina Volontani
Le Maitre de Cérémonie n’est autre qu'Angelo Monaco, figure incontournable de la danse modern jazz. Une énergie, une musicalité, un groove inimitable… à la renommée internationale (Cie Alvin Ailey New York).
Entre l’élan fulgurant de l’instinct et la lente construction d’une esthétique pensée dans un équilibre des gestes, des corps et des intentions ….magique !
Pour cette 14ème édition, Angelo, professeur à l’Espace des Arts et de la Culture de Biot, directeur artistique de l’événement invite les compagnies à s’interroger sur un thème, plus précisément autour d’une question, bien connue de tous les créateurs : la réflexion peut-elle conditionner la création ou l’instinct prime-t-il sur le moment ?
Les compagnies présentes cette année, tenteront d’y répondre, non pas avec des mots, mais avec leur corps, leurs mouvements et leurs émotions. Angelo devient d’abord chorégraphe pour divers spectacles et défilés de mode à Paris, Florence et Milan. De 1989 à 1992, il danse sous la direction artistique de Gianin Loringett (West Side Story) pour la mise en place d’événements dans des lieux prestigieux.
Romina Volontani a remporté le World Dance Award à Côme, en Italie, en 2022
En 1992, il obtient le 1er prix d’interprétation au Concours International de Jazz de Turin et entre dans la compagnie “Dance Concept” de Bruno Jacquin (il fonde à Cannes sa compagnie qui sera la seule « labellisée » par le Ministère de la Culture) où il danse pour la création du ballet « Valse » et « Exode ». En 1995, il est choisi comme chorégraphe par la RAI pour une production audiovisuelle et un vidéo clip où il sera également le danseur principal.
En plus de l’enseignement du « modern’jazz », Angelo enseigne la composition et l’analyse chorégraphique à l’Université de Nice en section « Lettre ». Aujourd’hui, il partage son temps entre la France et l’Italie et collabore avec de nombreuses écoles de danse autant dans l’enseignement que dans la recherche chorégraphique.
Entre cendre et élan un geste né du silence, dansé pour l’instant présent
Sa technique personnelle, métissage entre danse ethnique et jazz traditionnel, apporte un nouveau style à cette discipline. Le spectacle propose les compagnies Corps Salés (le Muy, Var), Melinda dance Company de Neuchâtel (Suisse), Célia Amade la niçoise, l’une des plus grandes danseuses de la scène internationale*.
« KIZUNA » explore l'interdépendance de la Terre, de la société et du monde à travers le thème « Les Liens ».
Celia Amade est née à Nice où elle étudie au Conservatoire Régional de Musique de 1995 à 2001 sous la direction de Jérôme Benezech. Elle poursuit ensuite ses études et obtient son diplôme de Chorégraphie en 2004. Elle rejoint IT DANSA à Barcelone, dirigé par Catherine Allard, où elle explore et interprète les œuvres de Stein Celis, Peter Zuska, Jiri Kylian, Ramon Oller et Nacho Duato.
Thibault Desaules et Romina Volontani de l’émotion et de la sensualité
Le spectacle « KIZUNA » s’est produit à Neuchâtel, Madrid, Milan et Okinawa en octobre 2024 et apres Biot va au Garaman Hall de Ginoza et retourne à Okinawa (Japon)
Elle travaille ensuite avec le Nederlands Dans Theater. Durant ces années, elle rencontre Gustavo Ramirez, Stefan Toss, Alexander Ekman, Enrich Olvodaivo, Marco Goecke, Johan Inger, Azure Barton, Teo Saarinen, William Forsythe, Amanda Miller. Depuis, elle a travaillé pour la compagnie ZfinMalta, a donné plusieurs masterclasses de danse.
Thibault Desaules, Romina Volontani, Aurelie Lauscher
Elle a chorégraphié plusieurs de ses propres pièces : « Blink of an eye » et « Under the same moon » pour le projet Switch au NDT, « Earth » avec le metteur en scène Maxim Didencko pour le Nouveau Théâtre Alexandrinsky de Saint-Pétersbourg, en Russie, et « A tear and a smile » pour Kanon Dance de Saint-Pétersbourg, en 2015.
Thibault Desaules, Romina Volontani et Aurelie Lauscher
Puis, « Pilgrims Journey », « Calm upon you » pour Omaggio Goa en Inde en 2016 et « Petrichor » à La Haye pour le Théâtre Korzo en 2016. Celia continue d'approfondir sa fascination pour le mouvement, l'art, le monde et l'humanité dans toute sa complexité, en suivant la voie de l'expression et du partage dans son propre travail. Ce soir à Biot c’est une véritable pointure qui danse pour notre plus grand plaisir.
Une autre pointure vient ensuite: Melinda Stampfli. En 2014, elle crée la Hollywood Academy à Los Angeles (Les Anges de la télé-réalité). En 2019, Melinda Stampfli crée sa propre compagnie professionnelle, la Melinda dance Company, avec laquelle elle monte sa première pièce, « les liens », qui est jouée en 2022 à Neuchâtel.
Célia Amade adepte de la perception du mouvement et de l’espace est affinée à un niveau presque supra-humain, intégrant une maîtrise du corps et de l’énergie rarement égalée
À 15 ans, Melinda poursuit sa formation à la Staatliche Ballettschule de Berlin. Sa carrière débute au Ballet national de Madrid, où elle devient soliste avec groupe après avoir intégré le corps de ballet. Les spectacles qu’elle chorégraphie sont choisis par les maisons de prestige telles que Bulgari, Tag Heuer, Cartier, Audi… Elle met également en scène des défilés pour les maisons Dior et Louis Vuitton.
C’est sur des scènes mythiques comme le Hallenstadion de Zurich ou les Arènes d’Avenches, pour n’en citer que quelques-unes, qu’elle a pu se produire, et longue est la liste des artistes avec qui elle a collaboré, que ce soit pour des clips musicaux, des vidéos, des live ou du coaching, notamment David Guetta, Tal ou encore Kids United…
Celia Amade, une extraterrestre dans son propre corps
Le spectacle qu’elle propose ce soir à Biot: De l’obscurité à la lumière, de la terre à l’air. De la naissance à la quintessence. Trouver l’étincelle de lumière dans le chaos, la souffrance, l’obscurité. Tel est la quête du voyage des danseurs à travers Kizuna dans lesquels évolue le personnage principal évoquent notre condition humaine et nous connectent à la matrice nourricière de la terre : la naissance, la vie et la métamorphose.
Ici le mouvement devient écoute, un dialogue fragile entre l'invisible et le tangible
Le premier tableau représente la grotte la sécurité dans les profondeurs, il parle de la naissance puis de la construction de l’être. Dans le tableau deux, le personnage part dans la vie active, il est confronté au chaos du monde extérieur, aux épreuves et aux tentations qui essaient de l’éloigner de son essence.
Façonner, c'est accepter d'être mouvant. Comme la pluie qui creuse la roche, comme le souffle qui sculpte le temps
Une danse à la fois fragment et flux, silence et éclosion
Il résiste et trouve l’étincelle de lumière dans l’obscurité, représentée par la rencontre avec le personnage principal du troisième tableau. Commence alors la liberté d’être dans son unicité, dans l’amour et la célébration de la vie.
Manon Garcia, Louise Garcia, Maud Brun et Maiwenn Salomao
Tel est la quête du voyage. Voir dans la Terre des vivants les liens avec le Ciel, et les ressentir par la mise en mouvement des corps et des sens. Ouvrir les yeux vers l’extérieur, et utiliser la danse, le corps, la vue et l’ouïe comme des ponts vers l’expression de son essence et aller voir à l’intérieur de soi.
La Compagnie Corps Salés
Cette oeuvre résonne comme un véritable hommage à la magnificence de l’être. «Kizuna» est plus qu’une simple performance, c’est une exploration poétique de la connexion entre l’homme et la nature, entre la société et l’art.
Maiwenn Salomao dans la création " Nés de Rien"
À travers la danse, la musique, le visuel, cette oeuvre invite chacun à se plonger dans un voyage sensoriel et émotionnel, célébrant ainsi la richesse de l’expérience humaine. A la fin du spectacle, le public est invité à interroger chaque participant et artiste dans l’émergence même de la création, leur permettant de vivre l’expérience unique d’une proximité rare, et invitant dans le même mouvement à réflexion.
Les gradins du Jardin Fréderic Mistral étaient pleins pour le spectacle Dance in Biot
Les sensations fortes qui se dégagent de ces liens peuvent-elles être réparatrices ? La proposition faite au public est de vivre l’expérience rare d’une rencontre directe avec les artistes, dans une proximité unique, porteuse d’émotions et d’échanges créatifs. J'ai beaucoup aimé ce spectacle avec ses danseurs magnifiques. Une excellente soirée.
Présentation des artistes par Angelo Monaco
*La région cannoise est depuis longtemps une pépinière artistique de dimension internationale pour la danse et la chorégraphie. Le Pôle National Supérieur de Danse Rosella Hightower à Cannes est la plus grande institution française crée par la danseuse étoile. De nombreux danseurs et chorégraphes sont venus s'y entraîner ou enseigner, comme Anton Dolin, Serge Lifar, Rudolf Noureev, Maurice Bejart, Gilles Jobin, Eric Oberdoff, Robert Baiocchi, Herve Koubi etc.
DIAPORAMA DU SPECTACLE