Le Sédum Palmeri
Voici le troisième volet de la Bastide aux Aeoniums de Grasse et peut être un jour si le coeur vous en dit, vous, votre famille ou vos amis la réserverez pour quelques jours et puissiez passer un séjour bien agréable au milieu des oliviers et de cette campagne ou ses fleurs à parfums sont classées au Patrimoine Mondial de l’Unesco.
En haut un Aloé Vera et une statue d’Amphitrite l’épouse de Poseidon
Pourquoi planter des Plantes Grasses ? Les plantes grasses n’ont pas leur pareil pour créer des arrangements à la fois impressionnants par leurs couleurs, leurs formes et leurs textures et faciles à entretenir.
Crassula Ovata en fleur
Qu’on les agence au jardin ou en platebandes à l’extérieur ou encore qu’on s’en serve pour jardiner à la verticale, en formant des tableaux ou des murs verts, elles trouvent leur place partout. La nature n’a pas fait les cactus et plantes grasses (aussi connu sous le nom succulentes) sur un coup de tête.
Les jolies fleurs du Sedum au Printemps
Ils sont le produit d’une longue évolution qui d’ailleurs a eu lieu simultanément dans différentes régions du monde et qui se poursuit encore maintenant. En effet, quand une région devient plus sèche, les plantes qui y habitent sont contraintes au choix de s’adapter ou mourir. Beaucoup choisissent de s’adapter.
Coussin de Belle-Mère (Mexique)
Au cours des millénaires, leur épiderme s’est épaissi et s’est recouvert de cire, de poils et d’épines dans le but de réduire les pertes d’eau. Elles ont un nombre de stomates (pores de respiration) étonnamment bas et, de plus, elles ne respirent que la nuit, lorsque l’air est plus frais et qu’il y a moins d’évaporation.
Echeveria glauca (Mexique)
Mais ce qui frappe le plus, c’est l’épaisseur des tiges et des feuilles: elles sont gonflées, pleines d’eau, contenant assez de réserves pour les aider à vivre durant de longs mois de sécheresse. Aujourd’hui, les jardiniers en herbe ou plus professionnels vouent un véritable culte aux plantes grasses.
En haut: Statue de Vénus Porteuse d'Eau : La Grâce Éternelle
Notre rapport aux plantes est façonné par la manière dont nous concevons le monde et structurons notre pensée. Depuis plusieurs siècles, la science occidentale a construit une approche du végétal fondée sur la classification, l’observation distanciée et l’analyse fonctionnelle.
La spiritualité du vegetal et les pierres volcaniques de l'Esterel
En nommant et en hiérarchisant les espèces, elle a cherché à ordonner le vivant selon une logique rationnelle et objective. Cette perspective a permis d’immenses avancées en botanique, en agronomie et en pharmacologie, mais elle repose sur une séparation entre l’humain et la plante, cette dernière étant souvent réduite à un rôle utilitaire.
La statuaire au jardin accompagne cette mise en scène du végétal, entre collection et décor
D’autres manières de concevoir le végétal coexistent, notamment dans de nombreuses traditions autochtones où les plantes ne sont pas simplement perçues comme des ressources, mais comme des êtres avec lesquels il existe des relations. Elles ne sont pas isolées de leur environnement mais s’inscrivent dans des réseaux de significations, de pratiques et d’interactions.
Chaniwa,le gardien du jardin japonais de thé zen
Leur culture et leur usage ne sont pas uniquement fonctionnels, mais aussi symboliques et sociaux. Dans ces conceptions, le végétal est un partenaire, un médiateur dans des liens entre humains et non-humains, un acteur du monde plutôt qu’un simple élément passif de la nature.
L'Aloé Vera viendrait d'Oman mais son origine est incertaine ?
La Riviera Cote d’Azur est devenu une région laboratoire à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle, et davantage encore au XIXe siècle, le paysage et l’art des jardins sur la Riviera connaissent d’importantes évolutions, surtout grâce à nos amis britanniques qui surent s’entourer des meilleurs jardiniers italiens qui depuis la Rome antique furent les créateurs des plus beaux jardins d’Europe.
Bonbonne Dame Jeanne en verre bleu: La légende dit que, chassée de son royaume de Naples, la Reine Jeanne vint se réfugier en 1347 dans son comté de Provence en passant par la route de Grasse. Surprise par un violent orage, on lui recommanda de chercher refuge en la demeure d'un gentilhomme verrier, au hameau de « Saint Paul la Galline Grasse » la légendaire bonbonne à parfum était née...
Pas encore de fleur à l'Orbea Variegata
Dans les Alpes Maritimes, le lieu idéal de toutes les adaptations végétales fut Menton et sa biodiversité impressionnante unique dans toute l’Europe. Des plantes méditerranéennes aux espèces tropicales, la richesse florale est tout simplement époustouflante.
Figuier de Barbarie et Dasylirion..
Ici, vous pouvez admirer des palmiers majestueux, des agapanthes colorées, des bougainvilliers flamboyants et des azalées parfumées. Son écosystème unique n’a d’égal que la légende du jardin d’Eden d’Adam et Eve ou nos premiers parents chassés du paradis retrouvèrent un lieu qui ressemblait à leur jardin perdu.
Fille de l'Air, pas encore en fleur elle aussi !
Menton est impliqué dans des projets de recherche sur les plantes et leur adaptation au changement climatique. Ces initiatives démontrent l'engagement du jardin envers la science et la conservation. Car, cela garantit que cet écrin de nature perdurera pour les générations futures. Sans hiver ou presque, le pays mentonnais est une enclave exotique aux airs de paradis.
Crassula Arborescens
Crassula sunshine
La vogue européenne de l’acclimatation des végétaux exotiques au XIXe siècle touchant spécialement la Riviera et la future Cote d’Azur, dont le climat se prête opportunément à ce type d’expérimentations ne fut pas seulement représenter à Menton ou à Nice, mais aussi dans la capitale mondiale des fleurs à parfum..
Crassula Lady Fingers
Cotyledon Mint
En effet, la zone climatique dite «de l’oranger», qui caractérise le territoire grassois, se définit par une température moyenne annuelle entre 16 et 17° C avec peu d’amplitudes thermiques, des hivers doux aux gelées trés rares, un ensoleillement intense et des pluies estivales rares et abondantes à l’automne.
Crassette Hobbit en fleur
Les villégiateurs hivernants, dont le nombre ne cesse d’augmenter au cours du XIXe siècle, participent notablement à l’essor de l’acclimatation des végétaux exotiques sur le territoire. Or, ce mouvement entraîne un changement de la physionomie d’un territoire essentiellement agricole au profit de créations paysagères publiques et privées encourageant le processus de "tropicalisation de son paysage végétal".
Yuccas & Dracena
Ce phénomène d’acclimatation provient du mouvement «néo-italien» ou «néo-régionaliste» et participe à «un système sémiologique qui exprime une économie d’orientation touristique».
Cycas male et femelle
Or, sur la Riviera, l’exploitation des palmiers, et notamment des palmiers dattiers, remonte au Moyen Âge dans la région de Bordighera et de San Remo. Ils étaient à l’origine destinés aux fêtes religieuses juives et chrétiennes, puis ils se sont répandus progressivement au cours du XIXe siècle sur l’ensemble de la Riviera où ils sont devenus l’un des principaux symboles de l’imaginaire paysager lié au territoire.
Kalanchoe en fleur
D’autres plantes exotiques, comme les agaves et les aloès, omniprésentes dans les représentations iconographiques du territoire, deviennent d’ailleurs elles aussi des emblèmes des paysages de la Riviera. Les jardins constituent des éléments essentiels de l’essor touristique de la Riviera, et de Nice en particulier, à partir de la fin du XVIIIe siècle.
Cordyline red star
Opuntias ou oponces
Dans les premières décennies du XIXe siècle, ils sont encore essentiellement dédiés aux productions agricoles. De tracés simples et réguliers, ils font le bonheur des hivernants étrangers qui apprécient particulièrement leurs déambulations à travers les jardins d’agrumes.
Chamereops
Les jardins utiles de la plaine niçoise participent en effet activement au succès touristique de la région car leur aspect et leur multiplicité suscitent l’admiration des voyageurs étrangers, qui, à l’instar de Tobias Smollett en 1764, s’émerveillent du spectacle de la «campagne» de Nice ou de Grasse et le font partager à travers leurs œuvres littéraires ou iconographiques:
Fleur de l'Aloe Vera
«Quand je suis sur le rempart et que je regarde autour de moi j’ai de la peine à croire que je ne suis pas ensorcelé. La petite étendue de pays que je vois est cultivée comme un jardin. De fait, la plaine n’offre à la vue que des jardins pleins d’arbres verdoyants chargés d’oranges, de limons, de citrons, de bergamotes qui font un tableau délicieux.
L'Echeveria
Le chlorophytum également appelée plante-araignée
Si vous examinez de plus près, vous trouverez des plantations de petits pois prêts à être récoltés, de toutes sortes de salades et de légumes excellents; des massifs de roses, d’œillets, de renoncules, d’anémones, d’ashodèles en fleurs, le tout d’une vigueur et d’un parfum qu’on ne trouve dans aucune fleur en Angleterre et dans le reste de l'Europe du nord (…)»
(Smollett, 1992, p. 35-36, lettre du 15 janvier 1764)
Cleistocactus strausii dit cactus cierge (Bolivie)
L'Haworthia Superfasciata (Mexique)
DIAPORAMA PLANTES GRASSES