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Il y a ceux qui préfère le Corso Carnavalesque et il y a ceux qui préfèrent la Bataille des Fleurs. La première bataille de fleurs à laquelle les Niçois assistèrent, eut lieu au cours de l'hiver 1830, à l'occasion du séjour à Nice du roi Charles-Félix (Carlo Felice roi de Sardaigne dit « le Bien-Aimé »), venu passer l'hiver à Nice, "pour y jouir de son doux climat" et voir ses sujets bien aimés.
Le mimosa est évidemment le plus répandu à la bataille
Les oeillets de production niçoises sont un emblème de la cité des anges
Il précédait ainsi dans la tradition, les souverains et princes russes, anglais, allemands qui séjourneront à Nice. L'habitude de jeter des fleurs pendant les défilés de carnaval subsista au cours du siècle. Alphonse Karr, le poète jardinier souhaitait vivement qu'il y ait de véritables défilés de chars fleuris, au cours des fêtes carnavalesques.
20 jardins roulants et 4.500 tiges par attelage
Les carnavaliers donnent le ton
Son vœu fut exaucé quelques décennies plus tard. La bataille des fleurs constitue une partie des festivités carnavalesques de Nice depuis 1876. Chaque bataille décline en allégorie poétique un thème unique. La bataille de fleurs représente un spectacle unique au monde qui fait la renommée de la Côte d’Azur.
Les fleurs des chars: germinis, anthuriums, mufliers, statices, roses, lys, statices.....
Marguerites, hortensias, chrysanthèmes, eucalyptus, gerberas, gueules de loup et de la verdure pour la déco
Aujourd’hui, cet évènement permet de mettre en avant la grande diversité florale qui compose la région puisque 80% des fleurs utilisées sont produites localement. Toutes les célébrités de l’époque participèrent aux batailles des fleurs comme le prince de Galles futur roi Edouard VII, l’empereur du Brésil Pedro II, sa fille la princesse Isabelle ramena dans ses bagages le Carnaval de Nice. Rio doit tout au Carnaval de Nice.
Les chars sont décorés par GME, Groupement momentané d’entreprises niçoises présidé par Nicola Bravi
Les costumes sont aussi remarquables et crées dans les ateliers niçois
Nice est aussi à l'origine de la célèbre parade fleurie de Pasadena (Tournoiement of Roses) (USA) qui fut créée en 1890 par Francis Rowland, après qu'il ait assisté à la bataille de fleurs de Nice. Cela permet de mieux comprendre le prestige de cette fête niçoise à la Belle Époque et sa renommée internationale.
Ensuite, les maîtres des fleurs sont souverains pour ordonnancer les couleurs, créer des effets
Les carnavaliers construisent chaque élément de décor pour chaque char
Certains confondent d'ailleurs Carnaval et bataille de fleurs, corso carnavalesque et corso fleuri. La Bataille des fleurs est incomparable à Nice. La reine Victoria elle même assista en 1895 à la bataille.
Des tissus tendus, drapés afin de combler les transparences des grillages
Sur les chars entièrement fleuris, les plus belles filles d’Europe jettent au public des brassées de fleurs. A chaque extrémité du parcours, le char fait un arrêt pour renouveler la provision de bouquets (principalement du mimosa, fleuri à cette saison et typique de la Cote d’Azur, des oeillets et des roses, également cultivés en abondance par les horticulteurs azuréens, des iris, des giroflets, des lys, des tulipes, des gerberas, et des strélizias).
Entre les chars, je distingue des groupes costumés venus du Mexique, de Hongrie, de Polynésie, des Flandres, du Senegal, du Japon, d’Allemagne, du Brésil…. des régiments rutilants de musiciens italiens, écossais, texans, danois, argentins….
La Soldate de Rome
Ce sont des tonnes de fleurs qui sont employées à la fois pour la décoration des chars et les bouquets lancés au public. Pour les chars sur lesquels les mannequins sont perchés en hauteur, c’est une nacelle sur vérin qui leur permet de s’installer à leur poste. Elles sont approvisionnés en fleurs par un élévateur.
Le char de Kobé (Japon) partenaire du Carnaval de Nice
Tous sont prés, chacun à sa place. Gigantesque mais précis. L’impressionnant serpent du cortège s’ébranle, rythmé par les grosses caisses, cymbales et tambours. Evolution et internationalisation pour la plus grande bataille de fleurs du monde: jadis, sur les calèches des batailles de fleurs, montaient les jeunes filles de la bonne société niçoise.
Aujourd’hui ce sont des mannequins internationaux venus du monde entier, contactés par les plus grandes agences. Non non et non! Mon grand âge ne m’empêche pas de lorgner les filles sur les chars.
Les costumes sont tous réalisés par l'atelier Caroline Roux, chef costumière de l'atelier Spada (Nice)
Ah les filles du Carnaval de Nice ! Regardez les danser, ondoyer les hanches au dessus de vos têtes. Colombines et princesses en bas résille et jupettes fendues jusqu’a la taille. Mais vous me connaissez maintenant; et franchement comment pourrais je rester froid quand je croise les bataillons de ces midinettes ?
Des tonnes de fleurs sont envoyées
Et ces italiennes la, j’ose à peine les décrire avec leurs tuniques à mi-fesses. Aussi haut que remonte mon regard fasciné par leurs formes, je ne rencontre que leur peau et la brillance du collant transparent. Je vois que je ne suis pas le seul à me demander comment elles font pour sembler nues dessous. Bravo pour cette hardiesse !
La Reine des Fleurs et des costumes extraordinaires !
Ce ne serait pas Carnaval sans Elles toutes …. Celles du « Carnaval des carnavals » seulement parés de paillettes, au corps sculpté d’or par la lumière du soleil. Celles des batailles des fleurs: elles passent comme dans un rêve, à peine vêtues l’hiver sur des chars de contes de fées fleuris à profusion. C'est la Riviera Cote d'Azur, la plus belle région d'Europe.
La Méditerranée, mer de toutes les plus grandes civilisations
Dans une apothéose de couleurs, de bouquets qu’elles nous envoient à pleines brassées, elles jaillissent, quintessence mythique des millions de corolles qui les entourent, bustes et hanches nues, le port si noble quelles me laissent bouche bée à la seule vision du galbe de leurs cuisses que j'en oublie de faire des photos avec mon APN.
La plus grande bataille de fleurs au monde
C’est une quinzaine de fleuristes niçois réunis l’avant veille dans la Halle Spada* qui prépare la décoration des chars. Ils procèdent au piquage de prés de 5000 fleurs somptueuses sur chaque char. Au total, 250 000 tiges de fleurs et 21 tonnes de mimosas sont distribuées au public.
Les compositions florales les plus gigantesques
Les costumes uniques sont crées dans un atelier niçois dédié au Carnaval par des costumières du monde du spectacle qui jonglent avec les tissus et matériaux originaux, laissant libre cours à l’imaginaire.
2 tonnes de mimosa de la Cote d'Azur sont envoyés au public
Cet atelier unique en son genre a une particularité: la même équipe oeuvre du premier coup de crayon à l’habillage sur les manifestations. Tous les costumes sont des modèles uniques conçus comme pour le theatre ou le cinema. La confection d’un costume prend entre quarante et deux cents heures pour le plus complexe: celui de la reine.
La Princesse de la sérénité : évoquant un jardin flottant
Chaque année, de nouvelles méthodes sont expérimentées, pour les costumes comme pour les coiffes. Une grande diversité de matériaux (tulle, satin, lamé, velours, voile, paillettes) trouve sa place dans cet antre du costume d’art et de spectacle.
L'Oeillet et la Rose production niçoise....
Aujourd’hui, le corso fleuri des cinq batailles de fleurs est composé d’une quinzaine de chars allégoriques ornés de fleurs fraîches, entourés et précédés d’artistes de rues (jongleurs, échassiers, etc.).
Bataille de fleurs dans la Cité des Anges
Le premier écrit relatant le carnaval niçois remonte à l'an 1294 par le comte de Provence, Charles II, duc d’Anjou. Il est à ce jour le carnaval avec les seules écritures connues mentionnant une date, il est donc le plus vieux Carnaval du monde. Il est l’un des trois plus grands carnavals au monde, après ceux de Rio et de Venise.
Les brésiliennes sont des icônes des Carnavals du monde
A l'étranger, la bataille de fleurs est parfois plus connue que le carnaval de Nice en lui-même tellement le spectacle est féerique. Voici quelques chiffres concernant le carnaval : ce sont plus de 2500 artistes venus des quatre coins du monde, animant les vingt chars principaux d’une hauteur de plus de 15 mètres chacun, et 5000 heures de travail répartis sur 6 mois pour la préparation de l’évènement !
La délégation de San Marino
On associe la quinzaine de chars supplémentaire pour la bataille des fleurs. Chaque année, le carnaval accueille prés d’un million de visiteurs. Au-delà de la fréquentation, le Carnaval génère également des retombées économiques significatives pour le territoire, estimées autour de 55 millions d’euros, tout en bénéficiant d’une large couverture médiatique internationale.
À l’issue de la clôture de l’édition 2026, la Ville de Nice a dévoilé le thème de la prochaine édition : « Vive l’Amour ». Universel et intemporel, ce thème promet une édition placée sous le signe de l’émotion, de la créativité et du partage.
Les amazones de Nice
Nice reste à ce jour la capitale mondiale des Carnavals qui a servi de modele à tous les Carnavals et parades fleuries du monde entier: Rio (Brésil) Baranquilla (Colombie) la Nouvelle Orleans et Passadena (USA) Quebec (Canada) Xiamen et Ningbo (Chine) Viareggio (Italie) Kobé (Japon), Macao, Singapour.
Ici, les fleurs ne se contentent pas de parfumer les jardins. Elles inspirent, transforment et rythment la vie d’un territoire où mer et montagne dialoguent en permanence
Nice est la seule ville au monde qui construit elle même son Carnaval. J’ai eu le privilège de visiter l’un des deux ateliers principaux où l’on fabrique les chars et les costumes. Une visite magique qui nous ramène directement à l’enfance.
La musique omniprésente ....
Deux familles se partagent un travail titanesque depuis trois générations : les Povigna et les Pignataro. Un peu dingos, et artistes dans l’âme, ils créent d’incroyables sculptures faites de tous types de matériaux. Si les structures et les robotisations sont métalliques, l’habillage est réalisé à partir de mousses, de plastazote et de molleton.
Mon amie la Rose ....
80% des fleurs fraîches utilisées pour les chars et les batailles du Carnaval de Nice sont produites sur la Côte d’Azur. De la serre aux corsi, je retrace le périple de ces centaines de milliers de fleurs.
Des majorettes ukrainiennes, venues d'Odessa
Dans les serres tièdes de François Esposito, horticulteur à La Gaude (Alpes Maritimes), c’est un enchantement de couleurs et de parfums subtils. 20.000 tulipes et autant de gueules de loup tapissent le sol ou s’élancent jusqu’au plafond. On a du rouge, de l’orange, du blanc, du mauve, du jaune… C’est fabuleux !
Nice plus belle ville du monde ? Peu de villes réunissent autant d’atouts au même endroit. La mer, la montagne, la culture, la gastronomie, le climat, l’histoire et cette fameuse douceur de vivre méditerranéenne.
François Esposito travaille seul sur l’exploitation créée par son papa en 1955. Il réalise trois cueillettes par jour, à la main. Autant dire que pendant le Carnaval, l’horticulteur dort peu. Ce métier n’est pas mécanisable. Parfois, je me couche à minuit et demi pour me lever à trois heures du matin, raconte-t-il, les yeux cernés.
Les cavalières
C’est beaucoup d’adrénaline, mais si je n’avais pas ça, je m’ennuierais ! Une fois cueillies, les fleurs de François passent entre les mains d’un grossiste du MIN (Marché d’intérêt national) à Nice. Elles sont ensuite acheminées vers la Halle Spada.
Rien n'est trop beau pour Nice ....
Derrière les grandes portes métalliques de l'entrepôt, c’est l’effervescence. Les fleuristes niçois travaillent d’arrache-pied pour garnir les chars. Ici on ne trouve que des niçois pure souche. Les fleurs sont ancrées dans la culture niçoise depuis des siècles.
Karine Lalo travaille sur le char Bacchus: L’Art des Tonneaux. On y voit le dieu romain campé sur une barrique, au milieu de grappes de raisins. Karine et ses collègues ont choisi avec soin la décoration florale : "Deux compositions sur les petits tonneaux, avec des tulipes, des mufliers, des roses et des anthuriums.
Lors de chaque bataille, 40.000 fleurs fraîches et quatre tonnes de mimosas sont ainsi offertes au public. Sur les quinze jours de festivités, les comédiennes lancent depuis les chars plus de 100.000 tiges vers la foule. Un spectacle éphémère, où chacun remporte chez lui un fragment de l’ambiance carnavalesque.
Les orchidées sont sublimes ...
D’autres producteurs comme Laurent Orecchini, la famille Fernand Laneri (Cagnes sur Mer) ou encore Belgrano et Jo Pinna fournissent la bataille des fleurs depuis des décennies. La famille Malaucene pour l’oeillet, M. Roméo, fournisseur de feuillage, Ange Galluccio, producteur laurentin. Tous travaillent dans l’ombre et font un travail de fourmi.
REVOIR L’ARTICLE TRES IMPORTANT DE LA HALLE SPADA*
https://freeriders.over-blog.net/2019/09/dans-les-coulisses-du-carnaval.html
ET CELUI TOUT AUSSI FABULEUX DE LA DIACOSMIE DE L’OPERA DE NICE
https://freeriders.over-blog.net/2023/01/l-univers-magique-de-la-diacosmie-de-nice.html
Ces 2 articles ci dessus vous feront comprendre l'importance de Nice dans la culture
DIAPORAMA BATAILLE