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A la suite de l’exposition Michele Mercier au Palais Miramar, je n’allais pas en rester la ! A Cannes, il y a toujours de nouvelles expositions et l’art contemporain y est souvent représenté. Sur la Croisette, les affiches vous indiquent l’agenda du Palais des Festivals, mais aussi les nombreuses expositions artistiques du moment. Je n’allais pas descendre à Cannes juste pour voir Angelique se faire draguer par ce roi de France répugnant, mais profiter d’autres galeries et expos tout aussi étonnantes ….
Corine Borgnet le dernier souper
L’Espace Miramar, la Malmaison, le Suquet des Arts, le Palais des Festivals, la Villa Domergue, la galerie Bartoux, le musée du Masque de Fer, Degreze, la Banane, Bel Air Fine Art, nombreux sont les lieux dans la capitale mondiale du cinema à voir les oeuvres des artistes contemporains ou moderne.
Toutes les sculptures sont faites avec des os de volaille
Comme à Nice avec les anciens abattoirs transformés en résidence d’artiste et dénommé le 109, Cannes avec « le Suquet des Artistes » à transformé l’ancienne morgue de la ville en un lieu d'expression créative dédié aux artistes cannois.
The Last Supper
Ce lieu singulier par son histoire et son emplacement stratégique dans le centre ancien de Cannes possède une topographie complexe, héritée de son passé, qui pose défi à chaque nouvelle exposition. Cet atelier expo de prés de 1000 m2 accueille quatre artistes plasticiens reconnus : Olivier Domin, dit OLL, Richard Ferri-Pisani, Grégory Berben et Olivia Paroldi.
Robe ETERNAL LOVE : Os de volailles et os en 3D printing colorés aux épices
Mais cette fois ci, je vais m’intéresser à une artiste parisienne (oui je sais, c’est plutôt rare de ma part) Corine Borgnet. Lors de l’expo à Michele Mercier, le gars de l’accueil me dit d’aller voir une expo un peu bizarre, une fois que j’avais terminer d'admirer ma chère « Angelique ».
Il me répond que les oeuvres de cette expo sont faites avec des os de poulet. Tres intrigué par cette déclaration, je m’empresse d’aller voir cette galerie. Corine Borgnet et son expo The Last Dance est une adepte de matériaux hétéroclites, elle, propose au travers de ses œuvres, une esthétique singulière et décalée.
Le premier choc que j’ai eu en rentant a été dans la réalisation de ce que j’avais en face de moi. Des oeuvres… en os ? Je ne m’attendais pas à découvrir des pièces aussi monumentales faites à partir de restes de volaille ! Et la technique ? Bluffante. La robe de The night is young, je peux vous dire que je me demande encore du comment elle tient ! De la résine aux post-it, en passant par les os de volaille et les objets du quotidien, l’artiste compose un véritable cabinet de curiosités contemporain. En jouant sur les codes de la vanité, elle déjoue les conventions sociales pour livrer une réflexion incisive et poétique sur notre quête identitaire et notre relation à la mort, l’amour et le pouvoir.
BOURGEOISIE ,aquarelle sur Jesmonite
En sortant de cette expo, j’ai été, non pas choqué, mais dubitatif sur une artiste qui est certainement une écorchée vive ? Alors, j’ai eu envie de voir sa bio et apparement mon sentiment n’était pas faux ?
Autoportrait aux bottes roses
Enfant croyante, Corine Borgnet attendait des miracles, qui ne se produisant pas (Ça fait longtemps que je crois plus moi même à ces bêtises) l’ont conduit à abandonner la confiance inconditionnelle et irrationnelle qu’elle accordait à Dieu, aux pratiques religieuses inculquées par son éducation, mêlée aux croyances enfantines des fées, fantômes, Père Noël.
La magie n’opérant plus elle s’est détournée du divin sans pour autant rejeter l’institution ni devenir anticléricale. N’ayant plus la foi en un dieu qui devait transformer la vie à l’aide de baguettes magiques, peut-être sa foi s’est elle transmuée en une foi en l'humanité faisant confiance au progrès ? Une foi dénuée de connotation religieuse - cette fois - mais reposant sur des convictions philosophiques.
Planches Anatomiques, diptyque...
Comment s’y repérer au milieu de toutes ces fois ? Entre confiance, croyance, naïveté, crédulité, fidélité, adhésion ou mécréance, Corine Borgnet en perd son latin et ne sait plus à quel saint se vouer… mais cela ne fait pas d’elle non plus un être dénué de scrupules et guidé par aucune morale, donc sans foi ni loi.
SECRETAIRE PAR INTERIM, photographie imprimée sur aluminium
L’art lui apparait alors comme une planche de salut. Croyant ce qu’on lui dit à l’école des Beaux Arts, comme parole d’Evangile, l’artiste qu’elle devient cherche son style puisque c’est le credo du moment. Or sa liberté d’artiste, c’est précisément ce qui lui tient à cœur. Passant de la quête mystique à la recherche son identité d’artiste, l’élaboration de son langage plastique propre à sa manière intime, elle refuse de s’enfermer dans une forme reconnaissable et déploie au fil du temps une œuvre qui se construit dans sa singularité.
Impression UV sur Jesmonite
Contestant les contraintes, autant techniques qu’esthétiques, elle se laisse guider par ses mythologies personnelles et trouve le médium le plus approprié pour les laisser se déployer. Post-it, résine, os de poulet, papillon, objets de récupération, cire, fusain, peinture, sculpture, dessin, photographie, vidéo… peu importe la matière, peu importe la manière…
L’idée prime, vient ensuite le faire et le savoir-faire. Conjointement le monde de l’enfance, ou plutôt de la sortie de l’enfance l’attire et la fascine, par le dessin ou la sculpture donnant à voir des êtres hybrides et ambigus qui peuvent déranger autant qu’ils attirent.
Le cabinet de curiosité, la vanité, le sexe, l’amour et la mort, sont autant de thèmes graves et immuables qui reviennent dans son travail et quelle traite avec un humour non dénué de sérieux, ou pour le dire autrement qu’elle exprime avec un sourire mi-coquin, mi-grinçant.
Corine Borgnet porte un regard amusé et iconoclaste sur ces règles sociales et mondaines, fait fi des conventions et voler en éclats les tabous. Ce qui se passe dans la tête de cette artiste, je n’en sais foutre rien. Tout ce que je perçois c’est que ça fuse, ça étincèle, ça s’agite, ça crée des tempêtes sous ce crâne, des éruptions, ça chahute, ça part dans tous les sens … j’ai du mal à suivre.
ARISTOCRATIE, « Omar m’a tuée »
Je tente de me glisser dans les méandres de son cerveau pour essayer de déchiffrer ce flux continue. Si les sculptures faites avec les carcasses de volailles m’ont paru originales et atypiques, le reste de ses oeuvres sont assez lugubres ! comme une plainte, une protestation devant l’insupportable de l’existence et le poids du monde.
Jean-Michel Othoniel « The Reconciliation of Opposites »
Une expo à se casser les os ! Je sors de la pour trouver plus de réconfort dans une seconde expo, celle de Jean-Michel Othonie. Celui ci explore les jeux de lumière, de matière et d’échelle. Inspiré par la nature, l’artiste déploie une série de sculptures qui, dans un mouvement entre la précision mathématique et la délicatesse poétique, captivent l’œil et l’esprit.
Fontaines – Exposition Jean-Michel Othoniel
La encore, je n’ai sans doute pas apprécié à sa juste valeur l’artiste et ses sculptures en perles ou briques de verre. Décidément, j’ai du mal avec l’art contemporain et mon premier amour « angéliquement Michele » revient au galop inéluctablement comme un poème épique en italien…. d’un chevalier niçois, venant juste de sauver notre marquise d'un monstre marin. Oui, l’art d’autrefois est sans appel ! Ça fuse dans ma tête la aussi !
The Pink Lotus
DIAPORAMA EXPO CANNES