ARTICLE PROGRAMME MERCI POUR VOS COMS PENDANT MON ABSENCE
Cliquez sur les photos pour les agrandir
Le Vieux Nice, une histoire riche et vibrante, une culture unique. Depuis sa fondation par les Ligures il y a plus de 2 500 ans. La vieille ville est chargée d’une histoire complexe et passionnante. En explorant cette sorte de village fascinant, vous découvrirez l’âme niçoise, l’âme italienne de la cité des Anges.
La Trappa le RDV de la merenda
À l’aube, lorsque la lumière dorée effleure les pavés séculaires du vieux Nice, l’atmosphère révèle une poésie insoupçonnée. Loin de la cohue des plages et du bourdonnement du boulevard Jean Médecin, un véritable trésor de ruelles oubliées, d’histoires tenaces et de senteurs d’herbes du maquis attend ceux qui osent s’égarer.
Le lavoir du Malonnat.... fidèle à un seul drapeau !
Dès que l’on pénètre dans le dédale du vieux Nice, les portes s’ouvrent sur des mondes miniatures, invisibles aux regards pressés. Il ne suffit pas de suivre le flot de visiteurs pour savourer ce que la cité a de plus unique : il faut s’attarder, observer le jeu des ombres sur les murs pastel, écouter le murmure d’une conversation en nissart, ou sentir la promesse d’un espresso fumant échapper d’une fenêtre entrouverte.
Sous le drapeau du comté, l’ancien Senat et le Consulat de mer de 1613, organisé en une chambre unique tant pour le droit civil que pour le droit pénal nommé par le souverain Carlo Emanuele 1er
Les linges aux fenêtres comme à Genova ou à Napoli
Les ruelles pavées, si étroites que deux passants doivent se frôler, recèlent une énergie hors du temps. Un véritable enchantement qui vous conduit tout droit vers la poésie urbaine.
Camin dou castèu (Montée Auguste Kerl)
Certains quartiers du vieux Nice demeurent étonnamment méconnus. Il suffit de tourner à peine l’angle de la rue Droite (carriera drecha) pour découvrir un enchevêtrement d’escaliers, d’arcs-boutants médiévaux et de façades en trompe-l’œil, où les habitants se saluent comme dans un village.
Le félibre niçois fonda l'Escòla de Bellanda, le niçois était alors généralement écrit sur le modèle orthographique italien contrairement au provençal de forme mistralienne
Sovrano Senato del countea di Nizza (Le Senat de Nice) crée Par Emmanuel 1er de Savoia
L’âme populaire de la cité résonne puissamment autour de la rue de la Tour (Carriera de la Tourre), là où la lumière peine à se frayer un chemin. Curieux et badauds y rencontrent pêle-mêle des artistes, des étudiants et des Niçois de souche offrant quelques anecdotes savoureuses, à condition de tendre l’oreille.
La Treille ou le président Thomas Jefferson venait chercher son vin de Bellet quand il était de passage à Nice
Le vieux Nice, c’est aussi la promesse d’un voyage à travers les siècles, un livre d’histoire à ciel ouvert dont chaque page, chaque pierre, recèle des merveilles. Loin du tumulte, s’égrènent les palais confidentiels, les hôtels particuliers dont les façades silencieuses murmurent les fastes du passé et les souvenirs de familles illustres.
Le palais Rusca servait de casernement au logement des troupes piémontaises de la Maison de Savoie
Face au Vieux Nice, le Cap d'Antibes et la Baie des Anges
Dans le vieux Nice certains quartiers (Ilot comme on les appelle), on des histoires urbaines. On dit souvent qu’on lave le linge sale en famille... Dans le Vieux-Nice, les bugadières venaient faire leur lessive dans le lavoir en pierres de La Turbie, situé à proximité de l’ancien Sénat, rue Jules Gilly.
Dans le vieux Nice on se promène en toute sécurité, on est pas à Marseille !
Là, en lessivant dans le premier bac avant de rincer dans le second, elles devisaient sur la société niçoise. Peut-être évoquaient-elles les exécutions qui rythmaient la vie locale. Car, si vous avez la tête bien vissée sur les épaules, vous écouterez la légende niçoise qui affirme que dans ce lavoir, le bourreau nettoyait sa hache ou son sabre après son office funèbre.
Carriera San Souspir: lors de l'invasion des Lombards qu'il avait prédite, l'un des soldats le prenant pour un malfaiteur, veut lui trancher la tête de son sabre, mais son bras soudain paralysé, laisse tomber l'arme ; Hospice a la vie sauve
Un sort réservé à la noblesse puisque le peuple, lui, avait droit à la pendaison... Le nœud du problème, en réalité, était de savoir qui était ce fameux bourreau. Et comment le devenait-on ? Il ne fallait pas être la fine lame du royaume pour obtenir ses galons, mais simplement « fils de » puisque la charge se transmettait de père en fils.
L'ancien couvent des soeurs Clarisses
Les oranges du couvent
En héritage, le legs comprenait également une maison de fonction, la « carrièra dei presoun », voisine du mur d’enceinte du château. Aujourd’hui, un jardin de roses, autrefois, l’ancien potager du bourreau. Un bourreau qui œuvrait donc pour les grosses légumes de la région jusqu’en 1860, avant que la profession ne soit délocalisée.
Aujourd'hui le couvent est un hôtel 5 étoiles
On faisait alors appel au talent venu de la Capitale (Turin), tout comme la peine appliquée ensuite, arrivé en train à la gare Thiers. Aujourd’hui, comme pour exorciser ce lourd passé, des plantes vertes poussent dans le lavoir. Le nom "Malonat" de ce lavoir trouverait son origine dans la fabrication de tommettes, appelées "maloun" en niçois, qui auraient été produites en grande quantité dans ce quartier au Moyen Âge.
Carriera de la Coundamina: Une « condamine » était au moyen âge une terre exempte de redevance, administrée par une autorité religieuse
Au détour d’une ruelle, on lit sur une façade le nom "la Trappa" ? L'histoire de La Trappa, c'est un peu comme une vieille chanson de Nissa la Bella qui résonne entre les murs de pierre du Vieux-Nice. C’est un récit qui sent l’huile d’olive, le vin partagé et le temps qui passe quand les niçois se réunissait pour la merenda (casse croute).
Les rues du vieux Nice sont sures et tranquilles (Ici pas de barbares comme à Marseille)
Du coté du monument à Catarina Segurana apparait une maison à la façade généreuse de végétation. C’est la Treille, Il s'agit d'une ancienne auberge restaurant, liée à la fois au peintre Raoul Dufy et à la Ciamada Nissarda. Le président Thomas Jefferson est venu à Nice, pour trouver des idées de techniques locales d’agriculture qu’il pourrait ramener dans son pays.
Les « Mimosas du Cours » dans les années 60, ce lieu emblématique attirait des célébrités telles qu’Alain Delon et Paul Newman
L'olivier de Nice symbole d'une ville 3 fois millénaire. La galerie d'art Momentum du mythique immeuble où Henri Matisse vécut ...
Il a ainsi découvert les vignobles niçois de Bellet. Dans les archives nationales américaines à Washington, des lettres où le 3e président américain rend un vibrant hommage au « meilleur vin du monde », le « Bellet. » Un coup de « foudre » qui dura plus de trente ans !
On mange pour pas cher dans le vieux Nice chez Splash le resto de Jean Luc Palagino 2 rue Rossetti
Thomas Jefferson s’est fait envoyer à sa demeure de Monticello, en Virginie des centaines de bouteilles chaque année. Et dans un courrier datant de mai 1819 il écrit que "le Bellet est le vin le plus délicieux qu’il ait jamais goûté". Il a même proposé à son marchand de vin, Adolphus Sasserno de devenir le premier consul des Etats-Unis à Nice.
Le marché du Cours Saleya et les Ponchettes
Orange ou citron de Nice ou d'Italie est un gage de qualité
Ce fut le point de départ de l’essor de la communauté américaine à Nice. Elle devait devenir l’une des plus importantes communautés étrangères à Nice après la Première Guerre mondiale. La Treille était son lieu de rendez vous pour une merenda à l'américaine.
Sardines à la Niçoise des conserveries Ferrigno
La celebre Huile d'olive AOP Nice de Nicolas Alziari
Connaissez vous le nom que l’on donne au Vieux Nice.. enfin je veux dire vielha vila en nissart car vieux Nice c’est Français et les niçois de souche ne disent pas « Nice » mais Nissa. Le Vieux-Nice, Vila-Vielha en niçois, c’est le « Babazouk », adaptation locale d’une expression arabe signifiant la porte du souk.
Le bar des Oiseaux de Mado la Niçoise (Noelle Perna)
Le nom de Babazouk aurait été donné par un certain Franceschini qui vers le milieu du siècle habitait le quartier arabe El Bazoum à Alger. Revenu à Nice, Franceschini établit une buvette dans l’ancienne chapelle désaffectée de San-Guiseppe, en plein cœur du Vieux-Nice; son quartier était à l’époque aussi malpropre que devait l’être celui d’Alger.
C’est avec les Romains qui font confire des fruits dans du miel afin de les conserver plus longtemps que Nice découvre cette tradition….
Les pâtes et fruit confits de la Maison Auer depuis 1820
Par dérision et aussi en manière de plaisanterie, il l’appela d’abord le Babazoum, puis le Babazouk qui plut davantage aux oreilles niçoises. Le mot est resté. Il n’est pas étonnant que musiciens, écrivains, poètes, peintres aient été attirés par ce lieu et y aient puisé leur inspiration comme Matisse fasciné par « cette lumière qui crie », ou Raoul Dufy qui y découvre la couleur : « le bleu lumineux entre les toits du Vieux-Nice ».
Enseigne rue Pairoliere
Romain Gary, Jean Cocteau, Louis Nucéra, Jean-Marie Le Clézio et bien d’autres écrivains y fixent leur légende et leurs récits, les musiciens aussi. Berlioz composera l’ouverture du « Roi Lear » alors qu’il est hébergé dans la tour Bellanda. Dans la rue de la Préfecture, on remarque une plaque écrite en… italien. Bizarre !
Dans cette maison, l’esprit de Paganini a retrouvé les sources de l'harmonie éternelle. L'archet puissant des notes magiques repose dans les douces brises de Nice….. et pourtant ! « Ah, ah, Moussu Paganini, ahura, es plus l’oura de sounà lou zounzoun ». Si ditch a Nissa !
C'est là qu'a vécu jusqu'à sa mort le violoniste et compositeur italien, Niccolò Paganini. Son appartement était situé à l'entresol, au-dessus d'une ancienne boucherie. Le 27 mai 1840, devant ce commerce, il y eut un attroupement. Harcelé par les curieux, le boucher a répondu : « C'est rien, juste Paganini qui est mort ! ».
Carriera dou Pouont Vièl
A Nice, 70% des restaurants sont d'origine italo niçoise
Lou Pilha Leva signifie en nissart "ici, on prend et on emporte", c’est l’endroit pour la merenda: Pan Bagnat, Pissaladiere, Socca, Bignéta di Flou di Cougourdéta, Tourta di Blea etc …
Les Niçois n'appréciaient pas ce virtuose et encore moins sa musique comparée « à des miaulements de chats ! » « Pour eux, son violon était celui du diable et les cordes des boyaux de femmes. ». Les Niçois refusèrent d'enterrer ce violoniste de génie à la réputation sulfureuse… On dit que sa dépouille erra pendant deux ans entre Nice et les Îles de Lérins, avant de trouver une sépulture à Parme. D'où cette plaque en italien…
Et l'autre institution à l'opposé de la rue Pairolière est Chez René qui fait les mêmes spécialités
Un havre de paix, planté d'arbres centenaires, de tonnelles. Une nature préservée, au cœur du Vieux-Nice. À l'abri des murs du couvent de la Visitation, le jardin en balcon sur Nice offre un panorama superbe. Un calme que vient juste troubler le coup de canon de midi. Fondé par les sœurs Clarisses en 1604 puis occupé par les Visitandines à partir de 1803 jusque dans les années 1980.
Li pichin farcit nissart per la merenda
Aujourd’hui il renait comme l’Hôtel du Couvent, un 5 étoiles qui abrite des thermes romains et l’âme des lieux a été soigneusement préservée, dès l’entrée dans l’enceinte, le voyageur est transporté dans l’ambiance du couvent des sœurs Clarisses. Ici, le luxe se fait monacal. Dans ce sanctuaire apaisant, l’atmosphère respire la sérénité, et le plaisir des sens est cultivé. Un hôtel atypique ou seul Nice est capable d'en proposer ! Une ville magique… Qui a dit que les voies du Seigneur étaient impénétrables ? Le Vieux Nice est une légende à lui tout seul !
On termine sur un bouquet de mimosa au marché aux fleurs de Saleya
DIAPORAMA VIEUX NICE