Biot n’est qu’a quelques km de sa voisine Vallauris capitale de la poterie. Biot, ce n’est pas que la plus grand fete templière de France, elle est aussi la capitale de la verrerie. Comme pour la cité des potiers, nombreuses sont les personnalités liées à la commune: Claude Autant-Lara, Fernand Leger, Leopold III, Raymond Peynet, Louis Aragon, Johnny Hallyday et la liste serait bien longue jusqu’a Picasso !
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Albert et Gérard Pradelli, Jean-Claude Novaro, Robert Pierini, Jean-Pierre Cinquilli, Daniel et Marcel Saba, Jean-Marie Bertaïna, Raphaël Farinelli….. D’abord gamins, comme ils étaient nommés en tant qu’apprentis, ces jeunes vont ensuite s’émanciper, traverser les frontières communales pour donner à Biot ses lettres de noblesse dans le domaine du verre avant, enfin, de transmettre à leur tour leur passion pour l’art du feu à leurs enfants qui, pour certains, exercent encore aujourd’hui dans la cité des verriers.
Emprisonner entre 2 couches de verre des bulles, spécificité unique des verreries de Biot
Biot fut jadis le village des potiers tout comme sa voisine Vallauris, et encore aujourd’hui, les jarres anciennes et les œuvres de céramique y sont très renommées. Mais c’est désormais l’art du verre qui symbolise le souffle créatif de Biot.
Depuis des siècles, les bulles sont bien connues des verriers. C’est même leur cauchemar, car c’est le résultat d’une fusion imparfaite, d’un mauvais affinage. La température n’a pas été maintenue assez haute, assez longtemps, pour permettre aux gaz de fusion de s’échapper, aux bulles de venir crever à la surface du bain de verre.
Elles restent prisonnières de la matière et font le verre « malfin ». Certains, au début du siècle, ont utilisé ce type de défaut pour tirer parti de l’effet. Mais il s’agit aussi d’une technique ancestrale exploitée de la Scandinavie à Venise en passant par la Bohême, dans la fabrication de luminaires par exemple.
Les bulles volontaires sont obtenues en saupoudrant du bicarbonate de soude sur la poste avant de la recouvrir par un deuxième cueillage. Les grains sont donc prisonniers entre deux couches de verre chaud et, en se décomposant, donnent de petites bulles régulières de gaz carbonique, qui font un effet de loupe, accrochent et réfractent davantage la lumière.
15 maîtres-verriers produisent 500 000 pièces soufflées en 200 modèles originaux par an
Les verriers de Biot ont emprunté à leur tour ce procédé pour en faire un style. Devenue une des caractéristiques du verre fabriqué à Biot, le verre bullé marque son identité. La Verrerie de Biot invente le fameux verre à bulles, connu aujourd’hui sous le nom de verre de Biot.
Ajustage
Si l’art du verre est un savoir-faire ancestral qui remonte à la Préhistoire, ce n’est qu’en 1956 qu’il fait son apparition à Biot. Depuis, l’histoire s’écrit sous les feux des nombreuses verreries qui font de Biot une destination connue dans le monde entier. Le village entre dans la légende des villes d’arts unique au monde.
Le maître-verrier va cueillir la pâte de verre dans le four
C’est au Moyen-Orient, au troisième millénaire avant J.-C., que l’on trouve les premières traces de fabrication du verre avec un verre pas opaque de couleur verte ou bleue. Au 1er siècle après J.-C., Pline l’Ancien raconte que le verre aurait été formé par accident par des marchands phéniciens en faisant un feu en utilisant du sable et du carbonate de sodium auxquels devait être ajoutée de la chaux.
Le verre soufflé apparaît au milieu du 1er siècle avant J.-C. en Syrie avec l’invention de la canne à souffler qui permet de fabriquer plus rapidement et à moindre coût. Grâce au soufflage, l’artisan est à bonne distance de la source de chaleur et peut donc donner forme à des pièces plus grandes.
Le Centre du Verre Contemporain de Biot est partenaire de l’école Hilltop Artists de Tacoma, la ville de l’art du verre américaine, jumelée avec Biot, et de la Pilchuck Glass School à Seattle les 2 références mondiales. Il est aussi associé à la Royal Danish Academy de Bornholm au Danemark, et la National School of Glass de Nybro en Suède. Biot et ses partenaires sont les seuls centres officiels d’Europe.
De là, ce savoir-faire se développe en Italie et en Espagne. A la même époque, le verre transparent est inventé en Phénicie. Aux XVIème et XVIIème siècles, le pays boude l’art du verre alors que la verrerie vénitienne s’invite à toutes les tables de la monarchie européenne.
Alors que ses sous-sols disposent de tous les éléments nécessaires à la fabrication du verre, comme la cinérite, les gisements de sable ou encore l’oxyde de calcium, Biot se concentre, des siècles durant, sur la poterie utilitaire et devient l’un des sites les plus importants en matière de production de jarres en Europe.
Au milieu du XVIIème, avec le verre de fougère et la cristallerie de Baccarat, apparaissent les prémisses de la création verrière française. Les grandes expositions universelles, dans le courant de l’Art Nouveau, mettent en lumière l’expression verrière novatrice des artisans d’art français.
Cet élan se poursuit jusque dans les années 1930 et ralentit alors que les industries étrangères prennent le virage de la production de verre en série. Aux Etats-Unis, de nouveaux établissements voient le jour, les « studio glass » ou ateliers. Dans les années 1950, Eloi Monod, ingénieur et major de l’école de céramique de Sèvres en 1941, s’installe à Biot.
Un savoir faire ancestral qui nous vient des pays de Méditerranée
Son objectif est de maîtriser les secrets de la fabrication artisanale et il s’essaie à l’art de l’objet utilitaire en céramique et en verre, à la manière d’autrefois. Eloi Monod fait un défaut dans une de ses créations : une bulle dans le verre. Il va alors en tirer parti : le verre bullé est né.
Le verrier souffle dans la canne
En 1997, la commune est labellisée « Villes et Métiers d’Art » et entre dans la légende. Capitale du verre français, elle accompagne ses maîtres verriers au quotidien pour que l’art du verre perdure dans l'hexagone, en France et dans le monde.
*Clémence avait seulement dix ans lorsqu’elle poussa la porte de la verrerie de Biot. 4 ans plus tard, elle quitta sa famille pour commencer son apprentissage de souffleur de verre. Après 6 années d’enseignements et de brevets divers, elle se rend de nouveau, à Biot pour en faire sa vocation. Depuis, elle continue son apprentissage auprès de ses maitres, pour un jour, elle aussi, devenir maitre du Verre..
Durant trois jours, à l’occasion du Biot International Glass Festival, Biot se métamorphose en une verrerie géante avec ses galeries, ses visites d’ateliers, ses animations grand public, ses performances artistiques. Chaque année à Biot, neuf maîtres verriers façonnent près de 250 000 pièces, toutes uniques.
La verrerie s’est dotée en 2011 de fours de fusion électriques supprimant ainsi les fumées nocives et le bruit
Autour des fours, les gestes sont précis, ritualisés, transmis de génération en génération. Le métier est hiérarchisé en sept niveaux : plus l’artisan progresse, plus les pièces qu’il réalise sont complexes. Comptez dix minutes et deux verriers pour un simple gobelet, mais jusqu’à vingt-cinq minutes et quatre artisans pour un photophore.
La matière toujours incandescente quand on la tourne, la moule légèrement
Le modèle « Burette », avec son anse travaillée, reste l’une des créations les plus exigeantes. Il faut trois années de formation et une décennie de pratique pour atteindre une autonomie totale : un savoir-faire en voie de raréfaction, mais qui résiste ici avec passion.
Un savoir-faire ancestral reposant sur une maîtrise de techniques traditionnelles
En décembre 2006, cette excellence a été saluée par l’obtention du label « Entreprise du Patrimoine Vivant », distinction nationale qui valorise les maisons incarnant l’excellence artisanale française. Aujourd’hui, la Verrerie de Biot accueille près de 750 000 visiteurs par an (une des entreprises les plus visitées de France).
Aux 6 couleurs primaires existant jusqu’en 1972 se sont ajoutées d’autres couleurs plus douces telles que bleu de Perse, rose des sables, tilleul, jaune doré, rubine….
Pour répondre aux attentes d’un public toujours plus curieux, elle a intégré les technologies de pointe. Verres, carafes, chandeliers, vases : de La Verrerie de Biot ne sortent que des objets qui ont le souffle de la précision et la rareté de ce qui n'est pas répété, reproduit.
Le plaisir de la table est un art majeur. Il invite, il comble, il réunit. Verres, carafes, brocs de La Verrerie de Biot font la joie d'une table bien mise et le plaisir des repas agréablement partagés. Selon les saisons, l'humeur des maîtres-verriers, les produits se déclinent dans toutes les couleurs : rose des sables, tilleul, améthyste, bleu de perse... pour les verres, les carafes, les pichets, les bouteilles.
La ligne « duo » avec un corps de couleur sur pied translucide et la ligne « piscine » en acrylique qui permet de boire avec des verres « incassables »
Les premiers clients de la Verrerie de Biot furent Lauren Bacall, Gregory Peck, Grace Kelly, Jacqueline Kennedy-Onassis, suit… Aujourd’hui, de nombreux artistes qui viennent pour le Festival de Cannes et qui n’hésitent pas à faire le déplacement sur les hauteurs du pays de Grasse pour passer commande…
Inspirés des couleurs de la Méditerranée, l’art de la table à Biot vous offre des pièces artisanales uniques, joyeuses, élégantes et ensoleillées
https://www.biot.fr/la-plus-grande-verrerie-d-europe-a-ciel-ouvert